Reprise d'un article paru en Février 2006 dans le magazine Cabines n°183
La lumière pulsée,
une technologie de pointe
Entretien avec Pascale Tannous et
Christophe Hottinger, Directeurs associés
de Dermeo.
Bien que différente, la technologie de la lumière
pulsée suit celle du laser. Ces deux techniques
sont regroupées sous un terme commun, la
photo-dépilation ou le soin photo-cosmétique,
c’est-à-dire le soin par la lumière. Par opposition
au laser, la lumière pulsée est polychromatique,
puisque des filtres sont insérés sur un spectre
lumineux. Cette technologie permet différents
traitements esthétiques tels que la dépilation
permanente et la réjuvénation (stimulation
cellulaire), mais également des applications
médicales telles le traitement de l’acné, des
lésions pigmentaires ou vasculaires. Par déontologie,
nous n’offrons dans le secteur esthétique
que les traitements de la dépilation et de
la réjuvénation.
Cabines : Quel est le champ d’activité
de la société Dermeo ?
Pascale Tannous : Créée en l’an 2000, Dermeo
est une société très spécialisée qui n’agit que
dans un seul domaine, celui de la lumière
pulsée. Son métier recouvre la fabrication, la
distribution, l’exportation et l’exploitation de
systèmes à lumière pulsée.
C. : Quel est le principe de
fonctionnement de cette technologie ?
P. T. : Une lumière d’une forte intensité est
projetée sur la peau. Lorsque ce faisceau
lumineux rencontre un chromophore, c’est-à-dire
un élément attirant la lumière comme par
exemple la mélanine contenue dans le poil, ce
chromophore se transforme en chaleur. Cette
dernière, transmise par l’intermédiaire de la
tige pilaire, va détruire de manière irréversible
le bulbe, la matrice et les cellules germinatives
qui constituent le poil. C’est le principe de la
photo-thermolyse sélective : « photo » pour
lumière, « thermos » pour chaleur, « lyse »
pour destruction, et « sélective » car l’on vise
uniquement le poil sans endommager les tissus
environnants.
Christophe Hottinger : Dans le traitement
de la réjuvénation, on prend pour cible les
fibroblastes. En créant un échauffement, on
déclenche une inflammation. Par réaction, les
fibroblastes génèrent de l’élastine et du collagène,
redensifiant ainsi les tissus. La peau est
plus ferme, les pores sont resserrés et les ridules
estompées.
Très populaire aux Etats-Unis, je pense que
cette technique va faire sa place en France, car
la réjuvénation par la lumière pulsée représente
aujourd’hui le seul moyen cosmétique non
invasif qui agisse en profondeur dans les tissus.
C. : Ce résultat est-il durable ?
C. H. : Il s’agit d’un résultat durable, puisque
la matrice du poil est détruite de manière irréversible.
Cependant, il ne faut pas oublier que
l’on travaille sur un élément vivant. Le corps
possède en effet la capacité de fabriquer de
nouveaux poils sous l’effet de bouleversements
hormonaux tels que la puberté, la naissance
d’un enfant, la ménopause chez la femme ou
l’andropause chez l’homme. Au cours du traitement,
on ne détruit que les poils existants,
c’est-à-dire en phase de croissance (phase
anagène). Il faut donc garder à l’esprit que si
l’on intervient sur un corps dont la maturité
pilaire n’est pas atteinte (environ 25 ans pour
une femme et 35/40 ans pour un homme), on
détruit les poils présents à l’instant T, mais on
ne détruit pas ceux susceptibles d’apparaître
des années plus tard.
C. : Hormis la maturité pilaire, quelles
sont les limites du traitement ?
C. H. : Il est en effet impossible d’éradiquer un
poil blanc ou très clair, car il n’accroche pas la
lumière du fait de son manque de mélanine.
Inversement, l’excès de mélanine rend également
impossible le traitement des peaux noires.
D’une manière générale, on obtient d’excellents
résultats sur les phototypes 3 et 4, voire début de
phototype 5, l’idéal étant un poil très pigmenté
sur une peau très blanche.
C. : Existe-t-il un risque de brûlure ?
C. H. : En corollaire de cette très forte énergie,
il se produit effectivement un phénomène
d’échauffement du matériel. Nos appareils sont équipés d’un système de refroidissement par
eau, plus performant qu’un système de refroidissement
par air, insuffisant et provoquant un
inconfort pour la peau.
Pour une action efficace et sécurisante, notre
technologie va plus loin grâce à un double dispositif.
En effet, la plupart des machines délivre
un flash unique, donc très long et massif, qui va
gorger le poil de chaleur, mais aussi les tissus.
Pour pallier le risque de brûlure, nous avons
découpé nos flashs en micro-flashs, de façon à
permettre à la peau de relâcher une partie de la
chaleur entre chaque émission de lumière. Il se
produit donc un phénomène d’accumulation de
chaleur au niveau de la cible, le poil, mais pas
au niveau de la peau. Ce dispositif, appelé mode
multipulsé ou train de pulse, représente le seul et
unique moyen de travailler en toute sécurité.
Le deuxième système a davantage visée de
confort. La lampe est équipée d’un cristal réfrigéré à une température de -2° qui va anesthésier
et rafraîchir la peau.
P. T. : Autre point fort de notre technologie, le« simmer ». Cet élément technique permet
de faire passer un courant électrique dans la
lampe pour la mettre sous tension. La machine
est ainsi armée avant l’impulsion, de façon à
monter immédiatement très fort en énergie et
gagner en efficacité.
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